Contrairement à un lieu trop commun, on ne dévore pas les livres : ils vous dévorent, vous vampirisent, se nourrissent de votre être et de votre énergie, vous coupent du monde, vous transportent dans le leur, mangent votre espace et votre temps, débordent de vos étagères, raccourcissent vos nuits et vos journées, rétrécissent votre maison et votre appartement, vous ruinent tout en vous enrichissant, vous font leurs quand vous croyez les faire vôtres.
Vie du lettré - William Marx
Par GM le 06/06/09, 11:32 - livres - Lien permanent
Commentaires
Bref, comme les femmes quoi.
Hihi sur la jolie idée d'anthropophagie amoureuse qu'écrivait Uther mais je rajouterais : ou commes les hommes pour les femmes, j'imagine.
Mais bon. Si mort aux cons, vie et amour à nous quand même !
La métaphore "phagique" développée à l'extrème traduit bien ce que les livres font à celui qui les adore et qui décide de vivre sous leur joug. Et puisque le joug est choisi, peut-on les blâmer de nous absorber un instant, alors qu'ils nous font vivre ailleurs, dans un monde meilleur parfois, nous soulageant momentanément de nos douleurs et allégeant nos soucis ? Non, je ne crois pas car finalement, si je le veux, le lecteur que je suis l'emportera toujours sur les livres. Ils ne me colonisent que si je les laisse faire mais peuvent rapidement finir au pilon !