la fuite
Par GM le lundi 14 janvier 2008, 17:56 - journal - Lien permanent
Il reste devant la porte du métro qui est ouverte, il la regarde et regarde ailleurs en même temps, il hésite, attend le dernier moment pour sortir. Il se confond en excuses et elle répond que ce n'est pas grave mais lui continue. Il a l'air dépité, triste, il ne sait pas quoi dire, comment le dire, quel geste faire, un regard pour se sentir un peu moins pathétique la prochaine fois, tout à l'heure, quant il pensera que, quand il se dira qu'il a mal vu, mal compris, que c'est encore possible.
La sonnerie et il sort finalement. Pendant quelques secondes, il marche à la même vitesse que le métro tant qu'il peut. Pour rester à sa hauteur et la regarder encore un peu, guetter un regard, un signe, un indice, tandis qu'elle refuse obstinément de sortir le regard de son sac à main dans lequel elle cherche à s'échapper en essayant d'y trouver un objet quelconque, n'importe quoi pouvu que ce soit assez long à trouver,
Et puis, le tunnel et ils sont seuls, tous les deux.
Commentaires
Curieusement, et parce qu'un extrait de son travail précédait, j'ai lu ce texte comme étant de Modiano. Et ça lui convenait plutôt bien (je veux dire au texte, de Modiano je ne suis pas intime).
J'ai vécu ce genre d'adieux, le quai le train en moins, des humains venant solliciter qui me quittait en plus. Mais tout y est, de l'incrédulité (se dire qu'on a mal vu, mal compris, que c'est encore possible), à la tentative de rester au même pas et jusqu'au sac à main.
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