C'est la farandole des doutes, je me pose musique à l'oreille et je pèse, soupèse, réfléchis à trois fois (trois cent), j'imagine le pour et regarde le contre, je tourne autour, lis quelques avis contradictoires, écoute ceux qui contredisent les contradictoires, et le plus souvent, je prend suffisament de temps pour qu'à la fin il n'y ait plus guère comme décision à prendre que celle de constater que la vie à très bien continué son bout de chemin sans trop se soucier de mes atermoiments, que le problème de départ n'en est plus vraiment un et que d'ailleurs, j'ai presque oublié de quoi il s'agissait exactement. Cette fois pourtant, ce n'est pas le cas. Je change de musique, plus tendue, plus erratique. My Favorite Things en boucle.

Je crois que je ne sais pas très bien écouter mes envies, mes désirs, savoir ce qui me plairait bien dans l'éventail des possibles proposés à court terme (ne parlons même pas d'une projection vers une reconversion dans une activité aussi étrange et lucrative telle que rentier, horticulteur ou bien patron d'un hôtel-restaurant avec vue sur le vieux port que j'irais prendre en photo tous les matins au lever du soleil). Je préfère le plus souvent me tourner vers des choix basés sur des constructions aussi élaborées qu'elles s'avèrent finalement ineptes et parfaitement déplaisantes à la pratique voire parfaitement incompréhensibles (mais où voulais-je donc en venir ? où voulais-je donc aller ?). Et tout ça alors même que j'imaginais bien que c'était exactement ce dont j'avais besoin si on tenait compte du fait que, et que, et encore que, quoique. Mais en suis-je vraiment certain ?

Et cette fois, comme à chaque et rare fois où je prend une décision un peu (très, trop ?) vite, et la laisse paraître avec suffisament de sabots pour qu'elle soit considérée comme étant acquise par celui qui l'attend : je me sens déjà engagé sans pour autant n'avoir encore rien signé et je me retrouve demain face à celui que je vais probablement quitter sans vraiment le lui avoir dit et laissé une chance de me rattraper. Et alors, je passe la soirée à me demander si, si, et si cette décision est bien la bonne parce qu'à mon age, se laisser aller à prendre une telle décision, comme ça, sans avoir préalablement passé douze semaines de torsions mentales me semble tout de même un peu léger...