La cohue
Par GM le lundi 11 septembre 2006, 14:50 - journal - Lien permanent
Je suis assis dans le RER ou dans le métro, en train de lire. C'est la cohue quotidienne. Un coude me bouscule, ou une jambe, un pied peut être, ou alors une chaussure d'enfant, une kickers décorée d'une pastille verte de chaussure à enfiler sur le pied droit (ou gauche ?). La rame déborde de monde, il n'y a plus de place ou s'asseoir depuis longtemps déjà ; il est l'heure des heures de pointe. Je ne prête guère qu'un regard au coude, à la jambe ou à la chaussure, à peine un grognement, une petite pincée de mauvaise humeur qui m'échappe, j'ai égaré ma ligne.
La page retrouvée et quelques lignes de mon livre plus tard, je réalise que ce coude, cette jambe ou ce pied qui m'avait heurté à heuteur d'épaule était bel et bien chaussé d'une kickers avec une pastille verte. Je remarque que l'enfant qui porte cette pastille semble peser assez lourd sur les bras de sa mère, qui se tient comme elle peut aux alentours des cahots du métro ou du RER. Je regarde, un peu surpris de cette cohue qui m'entoure, un peu surpris d'en prendre conscience seulemement maintenant, un peu surpris d'être surpris. Je réalise au bout de quelques cahots du métro que je suis seul à voir ce qui m'entoure, à regarder. Les autres sont comme j'étais moi même quelques instants plus tôt, absorbé dans un livre, un journal, un regard vague ou perdu.
Je propose de céder ma place, regrettant d'avance mon confort, et elle accepte, manifestement soulagée, elle n'avait demandé à personne d'autre. Je crois que j'aurais aimé qu'elle me remercie et refuse la place, ma place, qu'elle me dise qu'elle allait sortir à la prochaine station. Je lis très mal debout à travers les cahots, un sac à dos à la main. Elle avait deux enfants qu'elle pose sur ses genoux, je n'en avais vu qu'un.
Je sais que souvent j'aime cette ville, je ne suis pas certain de toujours aimer ce qu'elle me fait devenir.
Commentaires
c'est pour cela que je l'ai quittée car elle a finie par me laisser la sensation de ne plus exister.En revanche,je me planifie quelques séjours pour qu'elle m'offre ce qu'elle a de meilleur..
Vert: droit ; Rouge: gauche ; C'est comme pour les chenaux qui guident bateaux...
Toi tu es bien élevé ! Je dis bravo : )
Des fois, ça gave de laisser sa place. Mais on le fait. Et des fois aussi, on a le droit à un sourire et ça rattrappe le reste...
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