Peut-être que Sade a été trop lu par Dutroux et Céline par Hitler.

Daniel Mach, député UMP des Pyrénées-Orientales, cité par le monde (et visiblement cité par le monde uniquement, ce qui me trouble un peu dans la mesure où je ne sais s'il est toujours opportun d'accorder une confiance aveugle à ce que le monde rapporte...). S'il y a un point avec lequel je suis bien d'accord avec ce monsieur, c'est que la liberté d'expression est parfois bien irritante aux oreilles et à l'intelligence et n'excuse pas tout.

J'aurais voulu écrire sur cette petite phrase si atterrante de bêtise mais les mots manquent, et la raison pour laquelle il arrive à émettre une telle ineptie n'est guère d'importance, même s'il sagit encore une fois d'une vaine et stupide tentative de faire disparaître les problèmes en effaçant et punissant les mots.

Je me dis parfois qu'un historien sensible à l'ironie doit trouver matière à se gondoler en permanence tellement les raisons ne manquent jamais, de voir les chose recommencer encore et encore. Les sujets des batailles ne changent finalement guère, les traits de lumière et de grâce étant bien plus exceptionnels que la boue de laquelle ils sortent.

Le temps, un instant de penser à Oscar et son procès.

WILDE : Lord Henry Wotton... Non. Dans le roman, il ne le corrompt pas. Vous devez vous rappeler que les romans et la vie sont deux choses différentes.
CARSON : Tout dépend de ce que vous appelez "Corruption"
WILDE : Oui, et de ce qu'on appelle "la vie". Dans mon roman, il y a une peinture de transformations. Vous n'allez pas me demander si je crois qu'elles se sont réellement produites. Ce sont des thèmes de fiction

Je trouve que ces dernières semaines ont été bien sombres par certains les visages qu'elles nous ont laissé entrapercevoir, et j'ai peur que les années à venir ne s'annoncent guèrent plus reluisantes. Si j'avais de l'argent à dépenser inutilement, j'enverrais à ce monsieur un exemplaire du procèe d'Oscar Wilde et un exemplaire de Lolita, histoire qu'au moins, certaines de ses références soient plus à propos.