Promenades nocturnes
Par GM le mardi 20 avril 2004, 22:29 - Lien permanent
Je me souviens, ce soir là, nous marchions, bras dessus, bras dessous, sans idée d'avenir.
Vous m'expliqiuez toutes ces âmes, tout ce sang versé pour une idée folle, pour une idée que je détestais.
Vous me racontiez votre admiration pour ces hommes qui ont laissé santé, mains, épaules, bras, jambes, vie, enfants, raison et amours, entre toutes ces briques, entre tous ces interstices, ces pavés. Je vous racontais toute ma frayeur de ces mêmes choses. Je pensais juste que depuis tous ses siècles passés, l'oubli était bien rapide, la mort bien lente.
Vous m'expliquiez la grandeur de ce sacrifice et j'imaginais la souffrance piégée entre toutes ces pierres.
Au regard aujourd'hui, il ne reste que la dentelle, la finesse.
L'inverse de l'érosion.
Peut être avaient-ils une raison.
Nous étions juste bras dessus, bras dessous, je regardais tous les visages.
Aucun n'était semblable.