Beaucoup de choses véritables sont souverainement ennuyeuses.
Le message - Honoré de Balzac
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Beaucoup de choses véritables sont souverainement ennuyeuses.
Le message - Honoré de Balzac
le 19/12/09, aucun commentaire #
N'est ce pas étrange combien on en voit plus sur une photo que dans la vraie vie ?
le 02/12/09, aucun commentaire #
Qu’il soit permis d’écrire les noms comme ils se prononcent, pour épargner aux lecteurs l’aspect des fortifications de consonnes par lesquelles la langue slave protège ses voyelles, sans doute pour ne pas les perdre, vu leur petit nombre.
La fausse maîtresse – Honoré de Balzac
le 21/10/09, un commentaire #
Elle avait, comme la plupart de ses amis, l’indifférence des aristocrates pour le développement du talent. On jouit de ce qui est en fleur, on le dévore si le désir vous en prend, mais on laisse à d’autre le soin de cultiver.
Un rêve americain – Norman Mailer
le 19/10/09, aucun commentaire #
J'ai longtemps hésité avant de publié cette histoire, non pas à l'écrire, je l'ai écrite presque d'une trait, en quelques heures. J'ai hésité à la donner à lire, à la déposer ici.
C'est une histoire de souvenirs, d'oublis, de mémoire. C'est une histoire de faits dont j'ai connaissance, mais dont je n'ai pas de souvenirs. Est-ce qu'il s'agit d'oubli ou de souvenir ? Quelle est la forme de cette mémoire ? Ce n'est pas un souvenir (je ne m'en souviens pas), ce n'est pas un oubli (je connais son existence). C'est une sorte de zone grise.
°°°J'ai lu il y a quelques semaines ce livre, "le drame de l'enfant doué", de Alice Miller. Elle raconte le drame banal : celui de l'enfant qui fait face comme il peut à une violence qui lui est faite. Cela peut être une violence psychologique, physique, sexuelle, une violence volontaire ou non. Cet enfant fait face en maquillant la violence en amour, parce qu'il lui est impossible de ne pas aimer ceux qui lui font cette violence, ses parents, il est impossible d'être en colère contre eux, de les haïr. Ce livre qui raconte la façon dont cette sorte d'amour - comment l'appeler ? - enchaîne l'adulte que ces enfants deviennent. Comment je me sens enchaîné.
°°°Parallèlement à ça (à cause ? en dépit de ? malgré ? en raison de ? ... je ne sais pas vraiment), je me suis souvenu d'une lettre que ma mère m'avait écrite il y a quelques années, il y a un peu plus de huit ans.
Je me souviens que j'avais trouvé la lettre posée sur mon lit à mon arrivée, le soir. Je l'ai lue avant de me coucher. Je n'ai pas trop su quoi en penser sur le coup. Je me souviens que le lendemain matin, je n'ai pas trop su comment parler de cette lettre avec ma mère. Je me sentait un peu gêné, je ne savais pas comment réagir, quoi faire. Alors j'ai fait comme si de rien, comme un jour normal d'après l'autre. Le temps qui passe, quotidien, répétitif. Je me suis réfugié dans le silence des conversations du quotidien.
°°°Je suis resté sans penser à cette lettre pendant des années. Huit ans. Je l'avais oubliée. Je pensais l'avoir perdue. Peut-être que je craignais l'avoir perdue. Je ne sais pas.
°°°Je me souviens de cette lettre comme d'une lettre d'excuse, sur le fait que ça a été plus dur pour moi que pour mon frère ou ma sœur. On en parlait parfois, avec mes parents, mon frère et ma sœur, sur un mode mi-moqueur mi-jaloux. J'ai pris quelques fessées qu'eux non. J'ai sûrement vécu une sévérité un peu plus importante que mon frère ou ma soeur. Quelques trucs d'ainés en fait : qu'il faille ouvrir certaines portes dont les suivants profiteront. Je dis souvent sur un ton de plaisanterie que l'ainé élève ses parents au moins autant que les parents élèvent leur enfant. Je crois que c'est moins vrai pour les suivants.
C'est ce dont je me souvenais de cette lettre. Je suis même certain que c'est ce que j'ai lu.
Je crois que c'est ce que j'aurais voulu lui dire au lendemain matin : "Ne t'inquiète pas, ça a peut-être été un peu plus dur, un peu plus difficile, un peu plus injuste. Mais c'est la vie qui est comme ça, ce n'est jamais juste pour tout le monde. Et on ne va pas faire un plat de deux ou trois fessées."
°°°J'ai relu cette lettre il y a quelques jours. je l'ai retrouvée dans la boite en carton dans laquelle je stocke un peu tous les morceaux de papiers écrits. Des morceaux de journaux commencés et rarement terminés. Des lambeaux de cahiers, des lettres, des blocs notes, des feuilles volantes, des cartes postales.
°°°Je l'ai retrouvée, et je suis resté plusieurs jours sans la lire. Je voulais la lire en étant seul. Et je voulais prendre le temps de la raconter avant de la relire. Pour comparer mon souvenir et la réalité.
°°°Finalement, je l'ai lue avant d'en réécrire le souvenir que j'en avais. Et ce que j'ai lu ne correspond pas du tout au souvenir que j'en avais gardé. La lettre mentionne effectivement la façon dont ça a été un peu plus difficile pour moi que pour mon frère et ma soeur. Mais la lettre ne fait que le mentionner, ce n'est qu'une phrase introductive. Une phrase sur les deux pages que fait la lettre.
Ce que raconte cette lettre, c'est que ça a été dur pour moi, indépendamment de mon frère et de ma sœur.
°°°Elle emploie les mots "violence", "dressage". Elle parle aussi de son absence lors la grossesse de mon frère, difficile, du séjour qu'elle a dû faire à l'hôpital durant lequel je n'ai pas pu la visiter, parce que le personnel de l'hôpital s'y opposait. Absence qui m'a marqué suffisamment pour que je commence à bégayer. Elle mentionne une présence diminuée à la fin de la grossesse après son retour de l'hôpital, dû au fait qu'elle a du rester alitée.
Elle dit que j'ai toujours été raisonnable, responsable. Trop peut-être. Que peut-être je n'ai pas vraiment eu le choix. Que j'ai le droit de dire ce que je ressens, y compris si je ressens de la colère.
°°°Le problème c'est que par rapport aux événements évoqués, je ne ressens rien. Je n'en ai aucun souvenir de tout ça. Je n'en n'ai aucune émotion. Je n'ai pas de souvenirs des émotions que j'éprouvais à l'époque. A la naissance de mon frère, j'avais quatre ans. Je ne sais jamais à quel âge se forment les premiers souvenirs ?
J'ai l'impression pourtant d'une clé qui se trouve par là, dans ces souvenirs, ces oublis (comment les appeler ?). Je me sens comme face à un puzzle, dont les pièces, à défaut de s'emboiter parfaitement, ont au moins l'air d'appartenir au même puzzle. Et si la forme est encore un peu floue, incomplète, il semble que l'on puisse y deviner une image finale.
Sauf que.
Comme je n'ai aucun souvenir de tout ça, je ne ressens aucune émotion, tout ce puzzle me semble être une reconstruction, une reconstitution d'après modèle. Je ne suis pas certain que ce soit mes souvenirs. Que ces souvenirs m'appartiennent. Et si la pièce semble avoir une certaine cohérence, elle n'en est pas moins incertaine.
Il ne me reste qu'à jouer au romancier (j'invente et j'écris un roman, "écrire c'est mentir", tout n'est que fiction). Je peux faire le cinéaste (Je me fais un film).
°°°J'imagine. Je n'en ai aucun souvenirs mais je peux essayer.
J'imagine des parents encore jeunes, bien plus jeunes que moi aujourd'hui. Je ne connais pas bien son histoire, mais je crois que la mère a elle même vécu une enfance difficile dans une famille monoparentale, assez pauvre dans une fratrie de quatre enfants qui vivent dans un trois pièce de HLM. Des cris et des coups, parce qu'à l'époque on élève les enfants comme ça. Parce-que le père est dépassé avec ses quatre gosses. Parce que la frustration d'une vie qui n'est pas aussi belle qu'on aurait aimé qu'elle soit, et qu'il n'y a que les gamins sous la main pour passer sa colère. Alors ensuite, la mère fait pareil. Parce que c'est comme ça. J'imagine bien ça aussi, comment l'enfant apprend à se taire, être sage, être l'enfant sage.
J'imagine comment il est sur le qui-vive en permanence, toujours à guetter la moindre parole, le moindre geste, le moindre signe, pour savoir s'il se comporte bien, comme il faut, pour savoir s'il fait bien, comme il faut, pour savoir s'il est bien, comme il faut. Tout ça pour éviter les coups, pour éviter les colères, pour éviter l'exaspération, pour éviter la punition, pour éviter la peur, pour éviter... Et puis s'il le peut, désamorcer, détourner la colère juste avant qu'elle n'arrive. Il passe le grand oral du grand jury en permanence. J'imagine que même si la période des violences, du dressage n'a pas duré très longtemps, un an, deux, peut-être trois ? Le pli est pris. Et puis on ne sait jamais, ça peut revenir, il vaut mieux être prudent, rester vigilant.
Si j'imagine, je vois ensuite cet enfant qui voit sa mère disparaître parce qu'elle a du partir à l'hôpital et qu'il ne peut pas la visiter, la voir, la rejoindre. Cet enfant qui ne comprend pas (mais lui a t'on expliqué ?) Elle m'a abandonné. Maman, tu es où ? Pourquoi tu m'as abandonné maman ? Pourquoi tu es partie ? Est-ce qu'elle va revenir ?
Si j'imagine, je vois ce père et cette mère, sûrement dépassés eux aussi. C'est une grossesse qui se passe mal, la mère est hospitalisée... A quoi ils pensent ces parents ? L'enfant va t'il s'en sortir ? Maman va t'elle s'en sortir ? On gère au mieux, au plus pressé, comme on peut. On fait comme si même pas peur mais on est mort de trouille. Et puis ils sont jeunes encore, ces parents. Plus jeunes que moi aujourd'hui.
Alors, j"imagine des paroles. Des paroles d'impatience, "tu vois bien que je n'ai pas le temps, débrouille toi". De fatigue, "s'il te plaît, tu vois bien que maman est fatigué, sois sage", d'énervement, "tu m'énerves à la fin, tu ne vois pas que tu gènes, va jouer dans ta chambre". Peut-être des mots plus brusques encore, des mots de colère, d'énervement, de fatigue, d'impuissance, d'épuisement, de panique. "Tais toi, sois sage, va dans ta chambre". Toutes les options sont possibles à ce stade, y compris des plus violentes encore. A ce stade, sans souvenirs, c'est la licence du romancier qui prime. Mais toutes ces paroles semblent compréhensibles, dans cette histoire.
J'imagine que cet enfant qui comprend que tout se passe mieux quand il est sage, si sage, trop sage, peut-être que cet enfant qui guette le moindre signe, le moindre geste, ne sait pas, ensuite, vivre autrement ? Il est raisonnable, responsable, discret, patient. C'est un bon petit. L'enfant modèle. Le bon élève. La totale. Il rassure ses parents. Ça va bien se passer, Papa, ce n'est pas grave, Papa, Elle va revenir, Papa, ne t'inquiète pas, Papa. Pas tellement que ça lui plait, enfin, il ne sait pas vraiment, il n'en sait vraiment rien. Mais ça plait à ses parents, c'est déjà ça. Et puis le masque s'est figé petit à petit. Petit à petit il devient une seconde nature. Petit à petit il devient une façon de n'être pas lui.
J'imagine ce qu'est devenu cet enfant adulte, j'imagine qu'il me ressemble.
°°°Maintenant, cette histoire, ce n'est qu'une histoire de romancier, de cinéaste. Moi, je n'ai que la connaissance de l'existence de souvenirs et je ne sais pas s'ils m'appartiennent.
le 18/09/09, 3 commentaires #
le 19/08/09, un commentaire #

marché Dejean - Paris
le 17/08/09, aucun commentaire #
Une étrange torpeur dans les rues de ce matin, la ville trop calme, encore endormie, comme un dimanche.
le 10/08/09, aucun commentaire #
La gamine et ses boucles blondes, la tête posée sur l'épaule de sa mère, fatiguée. Elle scrute la foule alentour, l'air inquiète. On dirait qu'elle va pleurer.
le 08/08/09, aucun commentaire #
bon, le temps que je comprenne comment insérer une vidée de façon plus convaincante, vous pouvez aller faire un petit tour ici.
le 23/07/09, un commentaire #

le 17/06/09, aucun commentaire #
Contrairement à un lieu trop commun, on ne dévore pas les livres : ils vous dévorent, vous vampirisent, se nourrissent de votre être et de votre énergie, vous coupent du monde, vous transportent dans le leur, mangent votre espace et votre temps, débordent de vos étagères, raccourcissent vos nuits et vos journées, rétrécissent votre maison et votre appartement, vous ruinent tout en vous enrichissant, vous font leurs quand vous croyez les faire vôtres.
Vie du lettré - William Marx
le 06/06/09, 3 commentaires #
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